
La France a été le berceau d’une vocation viticole historique particulière, qui fait écho à sa singularité dans bien des domaines.
Qui se souvient encore que jusqu’au début des années 2000, les instances officielles défendaient une « exception culturelle » française ? La notion a depuis largement disparu du discours public. En 2017, notre président allait jusqu’à déclarer : « Il n’y a pas de culture française, il y a une culture en France, et elle est diverse. »
Or, s’il est un domaine où l’exception culturelle française est une évidence historique, c’est bien celui du vin.
Fidèle à mon idée de revenir aux sources pour mieux interpréter le présent, je vais m’attacher dans une série de quatre articles à retracer l’historique de cette singularité, ses fondements culturels et sociaux, jusqu’à un diagnostic de la situation actuelle.
À travers cette analyse, l’objectif est de brosser le portrait de ce qu’est fondamentalement le vin dans la tradition française séculaire — modèle qui a longtemps servi de référence au monde entier, avant de se retrouver battu en brèche jusque dans son propre pays d’origine.
Les quatre articles seront structurés de la manière suivante :
- Vin-aliment, vin-raffinement, vin technique : trois destins du vin
- Du vin-aliment au vin-raffinement : la voie française du « vin de lieu »
- Vin de lieu et vin de marque : deux logiques de production
- Le vin technique et le renoncement français face au Nouveau Monde
Ces sujets, centraux il y a encore quelques décennies chez beaucoup de professionnels et d’exégètes du vin, sont aujourd’hui presque abandonnés. J’espère modestement contribuer à les remettre en lumière, car ils me semblent essentiels pour qui s’intéresse au destin à long terme de la viticulture française.